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Notre héroïne
est née loin d'ici dans un pays très pauvre. Si pauvre que les habitants
doivent vendre leurs enfants pour leur éviter de mourrir de faim.
Echapper à I 'horrible misère est la triste obsession de ces familles
nombreuses et désargentées. La petite Parulie était la huitième d'une
famille de quatorze enfants qui ne cessait de s'agrandir au rythme lancinant
des maternités obligatoires. n fallait constamment faire de la place pour
les nouveaux arrivants et surtout diminuer le nombre de bouches à nourrir
.Les portions, déjà ridicules, se réduisaient encore et les parents épouvantés
voyaient venir le moment où il n'y aurait plus rien dans les assiettes.
Il fallait prendre une décision et comme toujours dans ces cas là, on
commenca par se séparer des filles; Gambusie, l'aînée, fût vendue à un
éleveur d'escargots, par ailleurs gentil garçon; Méandrine fût «mariée»
à un octogénaire colèreux et avare et Popeline partit pour les maisons
closes de la capitale, toute heureuse à l'idée d'habiter enfin un logis
qui fermait bien. Puis vint le tour de Parulie.
Totalement à bout de ressources, sa mère (entre temps le papa avait foutu
le camp) l'emmena loin et sous le prétexte d'une partie de colin-maillard*,
elle lui banda les yeux et s'enfuit sans se retourner.
C'est le moment où Parulie enlève son bandeau et découvre le monde vaste
et vide qui est illustré ici, sur l'image nous pouvons voir aussi une
bicyclette appelée a jouer un grand rôle dans I 'histoire.
Ce vieux vélo rouillé était attaché sur le toit d'une maison à cause des
voleurs. Parulie n'était pas une voleuse mais elle n'avait pas le choix,
elle descendit discrètement la bicyclette de son perchoir , regarda à
gauche puis à droite comme sa maman (sniff !) lui avait appris et partit
en roulant doucement en direction du couchant. Dans sa naiveté, elle pensait
que le couchant était un endroit où l'on pouvait donnir au chaud et à
l'abri, c'est touchant. Elle avançait donc sur la piste poudreuse, pédalant
ferme en donnant de petits coups de sa sonnette cristalline.
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