2) « LE DESTIN CLANDESTIN » par Pierre PONCE et Raymond PILATE

Septième chapitre : L'EPINE DANS LE PIED

 

« P .de B. de M. de N. de D. ! »
Parulie était une jeune fille bien élevée et donc ne jurait pas souvent mais elle s'était enfoncée une épine dans le pied et malgré tous ses efforts ne pouvait retirer l'objet de son peton menu.
Elle ne pouvait plus marcher et devait rester là, dans cette petite gare où les trains ne passaient plus depuis le dernier plan de restructuration des chemins de fer. Découragée, elle appela au secours le saint de sa paroisse :
« Saint Ptôme, je vous en supplie, aidez-moi par pitié! »
Un éclair traversa le ciel tout bleu et de dessus les nuages une grosse voix à l'accent de Toulouse lui répondit :
« Saint Ptôme d'accord, mais lequel ? Le Mineur*, le Majeur* ou l'Auriculaire* ? »
La culture religieuse de Parulie avait des lacunes et à ce moment elle regrettait tout le temps perdu au catéchisme à s ' enfem1er dans les cabinets avec les garçons. Au hasard elle répondit : « Euh ...Saint Ptôme ...l'Auriculaire ! »
Une énome hyéne apparût (voir illustration à gauche),
Parulie fût d'abord terrorisée mais l'animal restait calme, seulement agité des ricanements caractéristiques de l'espèce.
Confiante, Parulie introduisit délicatement son pied léger dans la gueule puante mais amicale du charognard.
En deux coups de sa langue râpeuse, la hyène (alias Saint Ptôme, vous suivez ?) enleva l'épine du pied de Parulie qui profita de l'occasion pour se faire lêcher de partout.
Soulagée et reconnaissante, la jeune fille donna au terrible carnassier deux sucres et un bon de réduction pour le rayon de boucherie de l'hypermarché le plus proche puis ils se quittérent bons amis.
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