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Avec ses derniers
sous, Parulie rentre dans une boulangerie où tout1e monde se lève pour
Banette car elle lui ressemble beaucoup.
La confusion évacuée (temporairement ), Parulie s'approche pour acheter
du pain, elle se penche pour payer et une affichette collée sur la caisse
attire son attention; elle se penche un peu plus pour la lire et des siffiements
admiratifs fusent de la queue exclusivement masculine à cette heure. Comme
le texte était écrit assez petit Parulie dût s'affaler à demi sur la banque
et voici ce qu'elle pût lire pendant que la boulangère jetait des seaux
d'eau froide sur la clientèle en rut massif.
« Cherche jeune fille bien sous tous rapports qualité-prix. Travailleuse,
sobre, de bonnes moeurs et catholique. S'adresser à Madame la Comtesse
Tostérone - Château de Minlousart »
Ayant pris bonne note, Parulie partit en courant suivie par les gars du
village, heureusement le château n'était pas loin et c'est toute essouflée
que la jeune fille arriva devant les grilles d'un grand parc solitaire
et glacé. Elle sonnit fort et attenda. Des pas lourds résonnèrent sur
le gravier et un grand valet de chambre dinosaurien ( que nous retrouverons
avec plaisir au chapitre suivant) vint ouvrir le lourd portail et introduisit
Parulie immédiatement.
« Oh, oh, ça commence bien! » se dit la demoiselle; du fond du jardin
des échos d'une musique aigrelette lui parvenait.
Elle était arrivé en plein milieu du concert hebdomadaire que la comtesse
T ostérone donnait chaque semaine (plaie au nasmes) à ses amies. Un seul
morceau au programme ce jour là mais de taille, le « Lacrimimosa » de
Mouette et Chandon; pavé symphonique compact composé sur un intenninable
poème de Vincent Dindon, le poète local.
Se trouvaient réunies pour l'occasion quelques unes des meilleures amies
de la comtesse, sur la photographie ci-contre nous pouvons voir de gauche
à droite:
-Madame Dindon, veuve du poète, en culotte à cause de la chaleur
-une jeune artiste arriviste tout juste sortie de l'école
-Mademoiselle Marie Laurencin, riche héritière d 'un empire agro- alimentaire
bâti sur les quenelles
-dans le fond, en robe du soir bleue-pervenche de chez Saint -Tior la
comtesse en personne faisait des amabilités.
« Que des femmes! » remarqua tout de suite Parulie.
En effet la comtesse Tostérone après avoir donné quatorze enfants à son
héros de mari* découvrit dans son âge-mur les plaisirs de l'homosexualité
féminine et eût tôt fait d'y convertir ses voisines. Toutes regardaient
Parulie avec attention...
* Mari : Hubert
de Tostérone, général généreux, mort au siège de Miribel en sautant sur
une couille minée..
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