2) « LE DESTIN CLANDESTIN » par Pierre PONCE et Raymond PILATE

Huitième chapitre : L'EXPLOITATION

 

Avec ses derniers sous, Parulie rentre dans une boulangerie où tout1e monde se lève pour Banette car elle lui ressemble beaucoup.
La confusion évacuée (temporairement ), Parulie s'approche pour acheter du pain, elle se penche pour payer et une affichette collée sur la caisse attire son attention; elle se penche un peu plus pour la lire et des siffiements admiratifs fusent de la queue exclusivement masculine à cette heure. Comme le texte était écrit assez petit Parulie dût s'affaler à demi sur la banque et voici ce qu'elle pût lire pendant que la boulangère jetait des seaux d'eau froide sur la clientèle en rut massif.
« Cherche jeune fille bien sous tous rapports qualité-prix. Travailleuse, sobre, de bonnes moeurs et catholique. S'adresser à Madame la Comtesse Tostérone - Château de Minlousart »

Ayant pris bonne note, Parulie partit en courant suivie par les gars du village, heureusement le château n'était pas loin et c'est toute essouflée que la jeune fille arriva devant les grilles d'un grand parc solitaire et glacé. Elle sonnit fort et attenda. Des pas lourds résonnèrent sur le gravier et un grand valet de chambre dinosaurien ( que nous retrouverons avec plaisir au chapitre suivant) vint ouvrir le lourd portail et introduisit Parulie immédiatement.
« Oh, oh, ça commence bien! » se dit la demoiselle; du fond du jardin des échos d'une musique aigrelette lui parvenait.
Elle était arrivé en plein milieu du concert hebdomadaire que la comtesse T ostérone donnait chaque semaine (plaie au nasmes) à ses amies. Un seul morceau au programme ce jour là mais de taille, le « Lacrimimosa » de Mouette et Chandon; pavé symphonique compact composé sur un intenninable poème de Vincent Dindon, le poète local.
Se trouvaient réunies pour l'occasion quelques unes des meilleures amies de la comtesse, sur la photographie ci-contre nous pouvons voir de gauche à droite:
-Madame Dindon, veuve du poète, en culotte à cause de la chaleur
-une jeune artiste arriviste tout juste sortie de l'école
-Mademoiselle Marie Laurencin, riche héritière d 'un empire agro- alimentaire bâti sur les quenelles
-dans le fond, en robe du soir bleue-pervenche de chez Saint -Tior la comtesse en personne faisait des amabilités.
« Que des femmes! » remarqua tout de suite Parulie.
En effet la comtesse Tostérone après avoir donné quatorze enfants à son héros de mari* découvrit dans son âge-mur les plaisirs de l'homosexualité féminine et eût tôt fait d'y convertir ses voisines. Toutes regardaient Parulie avec attention...

* Mari : Hubert de Tostérone, général généreux, mort au siège de Miribel en sautant sur une couille minée..

 

 

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