2) « LE DESTIN CLANDESTIN » par Pierre PONCE et Raymond PILATE

Douzième chapitre : LE TRAVAIL

 

Après sa pénitence (voir chapitre précédent), Parulie n'était guère plus avancée; elle décida de chercher du travail et en trouva rapidement ( ce qui prouve bien que, comme le répètent les gouvernements successifs, quand on veut travailler comme une bête pour pas grand chose, c'est toujours possible).

Devant le perron de l'A.N.P.E*, un jeune turc très fort distribuait de petits papiers où figuraient une liste d'adresses d'ateliers clandestins bien connus. Parulie se mit en route, après une longue marche sous la pluie battante, elle découvrit, au fond d'une impasse dégueulasse, un étrange bâtiment multicolore.
Habilement camouflé en magasins de jouets (photographie de droite ), la maison dissimulait sous un double plancher un atelier clandestin de chaussures de sport de contrefaçon.
Les grossières imitations sortaient 'dissimulées dans des poubelles à double-fond avant d'aller inonder les échopes de banlieue estampillées d'une marque imaginaire et cependant familiaire.
Les baskets «NIQUE» partaient à la conquète du monde mais malheureusement pour leurs acheteurs, elles ne les menaient pas très loin.
Devant la porte, deux travailleurs exténués et frigorifiés tentaient de se réchauffer, c'était la pause de la mi-joumée.
Les horaires s'étalaient de 6 heures du matin à midi puis de 13 heures à 20 heures,- avec une tranche -supplémentaire de 21 heures à 5 heures du matin pour les plus courageux.
C'est cet horaire nocturne que lajeune fille choisit et ce mt une fatale décision.
Le patron de l'entreprise fantôme avait immédiatement repèré Parulie, il renvoya (sans préavis) les autres esclaves afin de rester seule avec elle.
Dissimulé dans un placard percé de ttous, il revêtit silencieusement sa panoplie de Spidennan, sortit doucement du meuble et se jeta sur sa proie en criant: « F.B.I ! F.B.I ! » comme il l'avait vu faire dans les séries amécaines.
Parulie faillit s'évanouir de peur , mais la première frayeur passée elle tenta de résister de toute la force de ses jeunes biceps; rien n 'y fit, emmélèe dans les fils de soie du pseudo-aranéide, elle dût subir les derniers outrages avant les premiers, ce qui est bien le comble de l'infortune.
Son forfait accompli, le faux-Spidennan mit pas mal de temps à se défaire de l'écheveau séricicole avant de prendre la fuite laissant la pauvre ex-vierge se débattre dans son cocon maculé.

* A.N .P .E : Abbréviation pour -Agence. Nombreuse. Peu. Efficace - .

 

 

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