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En sortant de
la petite chapelle (voir chapitre précédent), Parulie était toute ragaillardie;
et les bonnes surprises ne s'arrêtaient pas là.
Devant la porte, sur le perron recouvert de gravier, un petit tapis oriental
était délicatement posé et sur le tapis, dans de petites assiettes transparentes,
des pâtisseries, orientales elles-aussi, étaient offertes à sa gourmandise.
A côté d'une théière de chez Tati*, au milieu des loukoums verts et jaunes
fluo, une petite enveloppe turquoise contenait une lettre manuscrite parfumée
à la rose.
Elle l'ouvrit et put lire ces mots :
« Accepte ces quelques cadeaux pour te remercier de nous avoir libèrer
de l'esclavage et nous avoir rendu notre dignité d'êtres humains. Vive
Parulie, vive la lutte des opprimés du monde entier, à mort les oppresseurs
et leurs valets ! »
et c'était signé « les camarades de l'atelier maudit » .
Un petit post-scriptum en bas de page indiquait :
« Dans la boite en bois de santal, tu trouveras une petite fiole d'huile
qui rend invisible, nous l'utilisons lors des contrôles d'identité et
c'est très pratique, garde là soigneusement car tu vas en avoir besoin.
Bonne chance et que la force soit avec toi! »
La jeune fille rut très émue par ces délicates intentions.
Elle mangea les pâtisseries et mit la fiole dans son soutien-gorge.
Elle s'apprêtait à boire le thé à la menthe quand des sirènes retentirent
dans le lointain, puis des cris, des claquements de portières et des coups
de sifflets.
Une tarafe* surmontée d'un amibe rose (à droite sur la photographie) vinrent
prévenir la donzelle :
« Vite, il y a des poulets partout, il faut filer d'ici! »
A ces mots Parulie ressortit la petite bouteille d'entre ses nichons,
se recouvrit à la hâte d 'huile magique et disparût.
*Tati : Notre
tonton à tous.
*Tarafe : Rejeton
improbable d'une girafe et d'un tatou.
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