2) « LE DESTIN CLANDESTIN » par Pierre PONCE et Raymond PILATE

Treizième chapitre : LA VENGEANCE

 

« La vengeance est un plat qui se mange froid. » dit le proverbe ; et bien nous ne sommes pas d'accord ; en tout cas pour Parulie il n'était pas question de la laisser refroidir .
Dés que la jeune fille avait pu se libèrer, elle se mit avec frénésie à l'ouvrage.
Trouvant dans la devanture du faux magasin (voir chapitre précédent) un mannequin féminin en matiére plastique, elle le revêtit des lambeaux de vêtements qui lui restait avant de le glisser à sa place dans le cocon éventré; l'illusion était parfaite mais il restait à rêgler le principal problème: le piège.
A l'aide d'un vieux canif, l'énergique demoiselle évida soigneusement le ventre lisse et caoutchouteux, puis elle remplit, avec d'infinies précautions, l'abdomen factice de nitroglycèrine*fraîche, autour de la fente mortelle elle colla soigneusement des poils arrachés au renard empaillé qui traînait par là ; c'était fini, Parulie venait de fabriquer la première « foufoune tueuse » de I 'Histoire.

Elle enjambait la fenêtre quand le grincement caractéristique d'une cleftoumant dans une serrure se fit entendre.
C'était le vil (de Lyon) séducteur qui revenait sur les lieux de son crime comme.il est normal de le faire.
En siffiottant il déposa sur la table un paquet de bonbons acidulés (soyons galants malgré tout !) puis avisant le corps dénudée entourée de ses liens de soie, il se dit que ce serait idiot de ne pas en profiter encore un peu.
L'image de ces mâles araignées dévorées par leur compagne après l'accouplement lui revint comme un ultime avertissement. n sourit: « Mais je ne suis pas un arachnide ...» murmurra t'il en déboutonnant sa braguette.
Ce fût sa dernière pensée en ce monde. .. Au bruit de l'explosion, Parulie qui attendait au coin de la rue sourit tristement, pendant qu'autour d'elles une pluie de baskets de contrefaçon envahissait les rues ternes pour la plus grande joie des enfants du quartier .

* Nitroglycérine : Puissant explosif dont Yves Montand lui avait fait cadeau en le confondant avec une bouteille de parfum (lui-même le tenant de Davy Croquette qui l'avait gagné au poker dans une vie antérieure, avant on ne sait plus).

 

 

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