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Au lever du jour,
Parulie était un peu ensuquée, les vapeurs ennivrantes de la grotte (voir
chapitre précédent) lui avait laissées un fort mal de tête; aussi quand
de longs coups de klaxon répétitifs et obstinés retentirent et déchirèrent
le silence de cette douce matinée, elle décida d'aller voir qui étaient
ces bruyants malotrus.
Du haut d'un lambeau de molasse helvétienne, elle vit face à face deux
magnifiques voitures de sport rouges et jaunes avec à l'intérieur deux
princes charmants très mignons.
Comment savait-elle qu'ils s'agissaient de princes charmants et pas de
simples parvenus arrogants et grossiers ?
C'est un mystère car moi, par exemple, je me serais facilement trompé.
Les deux jeunes gens se nommaient Pinoculi (à droite) et Pinoculo à gauche
), ils étaient venus dans cet endroit désert pour essayer leurs nouvelles
voitures, deux coupés Misèrati à injection et à déjection directes.
A la vue de la jeune fille les deux gars tombèrent raides amoureux et
voulurent l'emmener de suite dans leur carosse ronfi1ant et rutilant.
Mais ce n'était pas possible, Parulie ne pouvait monter avec les deux
en même temps, elle leur proposa une épreuve afin de détenniner lequel
serait son futur compagnon.
A peine avait-elle prononcé ces mots que les deux princes charmants sautèrent
dans leurs bolides respectifs et foncèrent l'un vers l'autre à grande
vitesse.
Le choc fût frontal, terrible et définitif. Quand la poussière et
les différents débris furent retombés, il ne restait plus rien des chevaliers
servants et de leurs montures d' alluminium. Assise sur son rocher, Parulie
assista à toute la scène sans pouvoir intervenir , à la vue du désastre,
elle ne pût retenir ses larmes et ses lamentations :
« Sniff, j' avais deux princes charmants et maintenant je n'ai plus rien,
sniff, c'est trop cruel, et injuste, sniff, sniff, ouin,ouin ...»
Décidément, le destin s'acharnait, mais la jeune fille était courageuse
et profitant du tumulte créé par le pseudo-accident, elle se fit évacuer
par le S.A.M.U* vers la ville la plus proche.
* S.A.M. U : Sigle
désignant la Socièté Anonyme des Mourants Urbains, souvent confondu avec
le « ça mu! » cris de révolte des canuts au cul nu.
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