2) « LE DESTIN CLANDESTIN » par Pierre PONCE et Raymond PILATE

Dix-neuvième chapitre : LES PRINCES CHARMANTS

 

Au lever du jour, Parulie était un peu ensuquée, les vapeurs ennivrantes de la grotte (voir chapitre précédent) lui avait laissées un fort mal de tête; aussi quand de longs coups de klaxon répétitifs et obstinés retentirent et déchirèrent le silence de cette douce matinée, elle décida d'aller voir qui étaient ces bruyants malotrus.
Du haut d'un lambeau de molasse helvétienne, elle vit face à face deux magnifiques voitures de sport rouges et jaunes avec à l'intérieur deux princes charmants très mignons.
Comment savait-elle qu'ils s'agissaient de princes charmants et pas de simples parvenus arrogants et grossiers ?
C'est un mystère car moi, par exemple, je me serais facilement trompé.
Les deux jeunes gens se nommaient Pinoculi (à droite) et Pinoculo à gauche ), ils étaient venus dans cet endroit désert pour essayer leurs nouvelles voitures, deux coupés Misèrati à injection et à déjection directes.
A la vue de la jeune fille les deux gars tombèrent raides amoureux et voulurent l'emmener de suite dans leur carosse ronfi1ant et rutilant. Mais ce n'était pas possible, Parulie ne pouvait monter avec les deux en même temps, elle leur proposa une épreuve afin de détenniner lequel serait son futur compagnon.
A peine avait-elle prononcé ces mots que les deux princes charmants sautèrent dans leurs bolides respectifs et foncèrent l'un vers l'autre à grande vitesse.
Le choc fût frontal, terrible et définitif. Quand la poussière et les différents débris furent retombés, il ne restait plus rien des chevaliers servants et de leurs montures d' alluminium. Assise sur son rocher, Parulie assista à toute la scène sans pouvoir intervenir , à la vue du désastre, elle ne pût retenir ses larmes et ses lamentations :
« Sniff, j' avais deux princes charmants et maintenant je n'ai plus rien, sniff, c'est trop cruel, et injuste, sniff, sniff, ouin,ouin ...»
Décidément, le destin s'acharnait, mais la jeune fille était courageuse et profitant du tumulte créé par le pseudo-accident, elle se fit évacuer par le S.A.M.U* vers la ville la plus proche.

* S.A.M. U : Sigle désignant la Socièté Anonyme des Mourants Urbains, souvent confondu avec le « ça mu! » cris de révolte des canuts au cul nu.

 

 

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