2) « LE DESTIN CLANDESTIN » par Pierre PONCE et Raymond PILATE

Vingt-deuxième et dernier chapitre : L'IMPERMANENCE

 

Je retrouvais Parulie par hasard trois ans, trois mois et trois jours plus tard. J'étais allé aux champignons dans les prés longeant l'aéroport et sur le chemin du retour, je devais traverser un petit bois à la lisière duquel des petits cabanons faits de briques et de broques*étaient construits, en passant devant l'un d'eux curieusement établi au sommet des arbres, je lus l'inscription suivante: «Caisson de décompression (de Lyon»>. Je tirais la bobinette de fil et de multiples clochettes sonnèrent dans les ramures.
Un frais visage apparut au hublot du caisson, c'était Parulie. Elle me raconta la suite de ses aventures (voir tous les chapitres précédents) et comment, déçue de la politique, du travail, de l'amour , du sexe et de l'argent, elle s'était installée ici avec son ami Cholapin.
Depuis elle restait là, à regarder passer les avions et les nuages, exellent spectacle pour qui veut réflèchir à l'impermanence. De sa voix devenue légèrement rauque, elle m'expliquait : « Sur l'aéroport, on voit s'envoler des avions pour tout les pays, y'a de quoi " rever... »
A ce moment le dit Cholapin apparut, il revenait d'arroser le jardin et ses plants de beu*; il était tout vert, avec des yeux très doux et de grandes oreilles. Je le fis remarquer à Parulie qui sourit en ajoutant : « Il n'y a pas que ses oreilles qui sont grandes! »
Un Mirage passa en rase-mottes, produisant un «bang» énorme qui secoua l'arbre, la maison et nous avec. Cholapin était en colère, tout le mélange était par terre dans les balayures.
« Et ça te lasse jamais* ? » lui-demandais-je pour mettre l'ambiance.
« Je serais le roi si*les lapins volaient, ou au moins chef d'espadrilles ! » répondit-il en montrant ses vieilles pantoufles trouées. C'était fait, nous étions copains, pendant ce temps Parulie tricotait sur la mini-terrasse en tôle ondulée tout en surveillant ses cocottes qui courraient dans I 'herbe aux alentours.

* Beu : Type de culture atemative qui pourrait bien remplacer le soja ou le maïs mais jamais le houblon ni le chanvre.

* Et (ça te lasse) jamais ? Satolas, aérodrome récemment disparu, Saint- Exupéry y fit un atterrissage en catastrophe avec le petit prince après un viol de nuit particulièrement éprouvant.

* Je serais le (roi si) ...Roissy-Charles de Gaulle. Tenninus. Fine plaisanterie qui conclura dans la bonne humeur cette histoire vraie..

 

 

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