2) « LE DESTIN CLANDESTIN » par Pierre PONCE et Raymond PILATE

Vingt-et-uneième chapitre : LA SECTE

 

Parulie ne décolèrait pas, depuis son expulsion du trottoir (voir chapitre précédent), elle tournait en rond dans la ville endormie. Au petit matin, elle s ' assit sur un banc dans un square, elle somnolait légèrement quand un petit homme nerveux et maigrichon vint s'asseoir à ses côtés. Après un court silence il engagea la conversation :
L'inconnu : « Vous avez des problèmes, mademoiselle ? »
Parulie: « Vous êtes drôlement perspicace! » répondit-elle, méfiante.
L'inconnu : « Et bien moi, les problèmes des autres, ça m'intéresse et si vous le voulez, je vous emmène dans un endroit où l'on ne s'occupe que de ça, venez avec moi voir Monsieur Lune*, il pourra vous aider! »
Elle emboita le pas du gentil monsieur et après avoir marché un bon moment, ils arrivèrent devant un bâtiment gris ( sans doute une ancienne école) barré d'une longue inscription qui annonçait fièrement en lettres rouges :
«Eglise du Sommeil Efficace» .
« C'est ici, dit le petit homme, je vais voir si Monsieur Lune peut vous recevoir ! » et il disparût dans les immenses couloirs.
En attendant, Parulie jeta un oeil sur les panneaux qui recouvraient les murs, on y parlait que de Monsieur Lune, de sa bonté, de ses exploits incroyables et de l' amour infini qu'il dispensait autour de lui. Elle vit passer dans les couloirs des gens de toutes sortes qui portaient des cartons remplis de papier et qui se frottaient le nez l'un contre l'autre chaque fois qu'ils se croisaient en susurrant :
« Joie et bonheur, petite lune! » avec un air béat qui l'agaçait.
Le petit homme revint tout excité et lui dit :
« Venez vite, Monsieur Lune va parler! » et il l'entraîna vers l'entrée d'une vaste salle de conférence recouverte de posters géants de Monsieur Lune dans tous ses états.
On le voyait nourrir les affamés, soigner les malades, donner de l'argent aux pauvres, règler la circulation et même réveiller les morts.
Avant de pouvoir entrer, deux employés à têtes d'abrutis et en grandes robes bleues constellées d'étoiles dorées posèrent un certain nombre de questions bizarres à Parulie :
-Etes vous communiste ?
Avez-vous de l'argent, un appartement, une voiture, une assurance-vie, des amis ou de la famille qui pourrait vous en prêter ?
Seriez-vous prête à une union mystique avec sa Magnificence ?
Aimez-vous la lune ?
Comme elle répondait non à toutes les questions, on la jeta sans ménagements dehors et elle (qui pourtant venait d'une famille bien élevée) leur montra le majeur de sa main droite et partit en sifllant «Au clair de la lune » .

* Monsieur Lune: Equivalent de Mister Moon et de ses semblables.

 

 

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